Hervé SIREDEY - P.S.N. Praticien de Santé Naturopathe-Iridologue Naturopathy-Iridology practitioner Bienvenue - C.E.I.C. 39 - Welcome

ven

15

jan

2010

Nanotechnologies en médecine naturelle ?

Nées il y a plus de quinze ans, les nanotechnologies fascinent mais elles suscitent également de nombreuses interrogations. Aujourd'hui, nous voyons apparaitre en France de nouvelles "thérapies douces made in USA" intégrant ces nanotechnologies. Enquête !


Les nanotechnologies font désormais partie de notre quotidien. Le marché avoisinera les 1.000 milliards de dollars à l'échelle mondiale en 2015 comme l'a mentionné Eric Gaffet, directeur de recherche au CNRS au sein de l'équipe "Nanomaterial Research Group" (NRG UMR 5060 CNRS / UTBM). On retrouve les nanotechnologies dans des domaines aussi variés que les loisirs (raquettes de tennis, écrans de cinéma haute résolution), l'industrie automobile (pare-chocs composés de nanotubes de carbones), l'informatique ou le médical (greffes de prothèses auditives pour les malentendants ou kits de tests médicaux). Toujours dans le domaine de la santé mais "naturelle" cette fois-ci, nous voyons cette technologie intégrer de soi-disant médecines douces via des méthodes couplant "acupuncture traditionnelle chinoise" et "nanotechnologies". Le bénéfice aujourd'hui ne sera-t-il pas le cauchemar de demain ? Il est clair que cette technologie doit impérativement rester à la porte d'un praticien de santé naturelle digne de ce nom.

 

Des nanoparticules pour traiter des pathologies graves...

 

Dans le domaine expérimental, les bionanotechnologies ont permis à certains chercheurs de "contrôler" littéralement un rat. Par stimulation de certaines parties de son cerveau, les scientifiques ont réussi à faire avancer l'animal et à le diriger à gauche ou à droite ! Par cette expérience nous sommes en droit de nous poser certaines questions concernant la liberté et la vie privée de chacun.

 

Les nanotechnologies permettront, à terme, de fabriquer des objets plus résistants, plus légers, plus petits en utilisant beaucoup moins de matière. Un exemple : parmi la cohorte d'industriels de la santé figurent Laurent Lévy et Paras Prasad. Le premier est le fondateur de Nanobiotix, une entreprise développant les traitements médicaux de formats nanométriques activables à distance. Le second est le directeur de l'Institute for Lasers, Photonics, and Biophotonics de l'université de Buffalo (State University of New York, SUNY) qui a mis au point cette technologie. L'idée est simple : utiliser des nanoparticules de 30 à 40 nanomètres, activées à distance, servant au traitement curatif de pathologies graves telles que le cancer.


Ces avancées donnent naissance à autant d'interrogations quant aux risques inhérents aux nanotechnologies. Mal utilisées, les nanotechnologies peuvent induire certains dangers sanitaires, toxiques ou environnementaux. Une expérience initiée par Eva Oberdörster, chercheuse en toxicologie à l'université de Duke (Etats-Unis), qui consista à placer des achigans -poissons vivant en Amérique du nord- dans une eau contenant des fullerènes à une concentration d'un pour un million présenta des résultats sans équivoque. En deux jours, le taux de stress oxydatif des lipides du cerveau des poissons utilisés pour l'expérimentation était 17 fois supérieur à celui des poissons non exposés, rapporte le magazine américain Technology Review de mai-juin 2006. Qu'en sera-t-il pour l'homme ?

 

Un corpus de connaissances sur les effets néfastes

 

L'air semble constituer le conducteur des particules néfastes pour la santé humaine. Le Dr Jorge Boczkowski, directeur de recherche à l'unité Inserm 700 "Physiopathologie et épidémiologie de l'insuffisance respiratoire", a corroboré cette thèse durant le séminaire interministériel suivant : "Enjeux et risques liés aux nanotechnologies et nanomatériaux" du 19 octobre 2006 : "Il existe déjà un corpus de connaissances toxicologiques et épidémiologiques sur les effets des particules de taille nanométrique sur la santé humaine, en particulier s'agissant des particules de la pollution atmosphérique (particules ultrafines). L'ensemble de ces données suggère que certains types d'exposition à certains matériaux manufacturés nanométriques pourraient avoir des effets nocifs pour la santé."

 

Même très nuancée, le manque de recul global de la communauté scientifique eu égard aux effets néfastes potentiels des nanotechnologies sur la santé, peut inquiéter. L'avis le plus tranché concernant les dangers sur la santé est celui de Günter Oberdörster, de l'université américaine de Rochester. Obersdörster. Ce dernier n'hésite pas à mettre en avant des protocoles expérimentaux qu'il a menés sur des rats, et qu'il a présentés devant le congrès annuel de la Société européenne de pneumologie ERS (European Respiratory Society) en 2004 à Glasgow. Ces expériences démontrent qu'après inhalation de particules de carbone et d'oxyde manganèse de 10 à 50 nanomètres, on pouvait trouver des traces de ces matériaux dans le cerveau des rongeurs. Ces matériaux ayant pris les terminaisons nerveuses comme conduit.

 

D'un point de vue environnemental, les dangers sont immenses. En effet, une fois utilisés, les objets contenant des nanotubes de carbone peuvent être jetés dans les décharges avec le risque de pollution que cela suggère. La production mondiale annuelle de nanotubes de carbones est actuellement de plusieurs centaines de tonnes ! Le rejet massif de nanoparticules non biodégradables dans l'atmosphère et dans l'air pourrait constituer de la même façon un risque dont on peine encore à évaluer l'étendue.

 

D'autres travaux ont mis en évidence la pollution créée non pas par les nanotubes de carbone eux-mêmes, mais par leur procédé de fabrication. C'est ce qu'a révélé une mission menée par le MIT et la Woods Hole Oceanographic Institution (http://www.whoi.edu). Selon Desiree Plata, une des chercheuses de la mission, "sans un travail de recherche, l'impact environnemental et sanitaire de l'industrie du nanotube de carbone pourrait être lourd et coûteux à réparer" rapporte le NanoLaw Report d'octobre 2007.

 

D'autres spécialistes se montrent critiques, tel le Dr Jorge Boczkowski : "Cette question des dangers des nanomatériaux pour la santé est en pleine évolution. De nombreuses publications témoignent de la fébrilité qui existe dans ce domaine." Greenpeace entre autres, fait figure de précurseur en matière d'éveil face à ces dangers.

 

Et l'eau ?

 

A l’horizon des toutes prochaines années, des centaines de milliers de  nanoparticules vont être disséminées dans l’environnement… et dans l’eau ! Afin de répondre aux questionnements de la Direction générale de la Santé, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssaps) a récemment publié deux rapports : l’un sur les nanoparticules manufacturées dans les eaux, en février 2008, et l’autre sur les nanoparticules dans l’alimentation humaine et animale, en mars 2009. Travaux dont les conclusions concordent avec ceux d’autres instances nationales et internationales, et appellent à la prudence.

Alors que la pollution des ressources en eau se révèle aujourd'hui inquiétante, la dissémination massive de nanoparticules dans l’environnement constitue un nouveau thème devant être pris au sérieux.

 

 

Lien digne d'intérêt : http://www.grappebelgique.be/spip.php?article1129

 

S.H.