jeu.

01

avril

2010

MICI et protéines animales

Les personnes qui mangent beaucoup de protéines, notamment celles provenant de la viande et des poissons, ont trois fois plus de risques de souffrir de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) que les autres, selon une étude française présentée vendredi dernier aux Journées francophones d'hépato-gastro-entérologie et d'oncologie digestive, à Paris.

 

 

"Des progrès ont été faits ces 10 à 20 dernières années sur les connaissances des MICI en matière génétique, avec la mise en évidence d'une trentaine de gènes de prédisposition et d'un déficit d'immunité innée", a rappelé l'un des auteurs de l'étude, le Pr Franck Carbonnel, gastro-entérologue à l'hôpital Bicêtre au Kremlin-Bicêtre. Mais il y a "assez peu de travaux sur les facteurs environnementaux" qui sont aussi importants, mais plus difficiles à mettre en évidence. L'implication des facteurs alimentaires a déjà été évaluée dans des études rétrospectives, mais elle demandait confirmation. C'est ce que l'équipe francilienne vient de faire avec l'étude E3N, qui a suivi pendant 10,4 ans en moyenne 67.581 femmes âgées de 40 à 65 ans affiliées à la Mutuelle générale de l'éducation nationale (MGEN) et qui comportait des interrogatoires alimentaires. Au total, 77 femmes ont développé une maladie inflammatoire intestinale pour laquelle aucune cause parmi les plus courantes n'a été identifiée.

 

D'autre part, le Dr Guillaume Pineton, de Chambrun, et ses collègues, du CHU de Lille, ont montré, lors du même congrès, que l'aluminium aggravait l'inflammation intestinale, modifiait la flore intestinale et augmentait la translocation bactérienne (le passage de bactéries d'origine digestive à travers la muqueuse intestinale) dans un modèle de colite chez la souris. De plus, il accroît la réponse immunitaire sur des cellules épithéliales de l'intestin et provoque la formation de granulomes (traduisant une réaction inflammatoire) sur des cellules sanguines humaines issues de volontaires sains. L'aluminium, qui est "une des principales microparticules présentes dans notre environnement", pourrait donc être un facteur favorisant le déclenchement et l'entretien de l'inflammation intestinale chez les patients atteints de MICI", concluent ces chercheurs.

 

Par Anne Jeanblanc