lun.

26

avril

2010

Nano, une technologie au refrain familier !

Le premier secteur appelé à connaître une révolution en profondeur est celui des aliments. ETC, un institut canadien qui surveille les évolutions technologiques, estime que la nanotechnologie « va changer chaque étape de la production des aliments et aussi changer les intervenants ».

 


Les « nanofoods » ont droit à une conférence annuelle qui réunit les chercheurs du domaine. La dernière a eu lieu en juin 2008 à Los Angeles et a permis de découvrir que le marché existait bel et bien. Parmi les produits d’ores et déjà commercialisés figure l’huile active de Shemen Industries qui inhibe l’entrée du cholestérol dans le sang, le chocolat  de RBC LifeSciences qui a le goût de l’original mais sans excès de sucre, ou le substitut alimentaire Nanotrim de Nanonutra que le corps reconnaît comme de la nourriture et qui brûle les graisses.

 

Un concombre au goût de tomate

 

Ce n’est pourtant qu’un début car nous apprenons par ailleurs que les nanofoods devraient permettre de créer des glaces ayant le goût des glaces traditionnelles tout en étant totalement dépourvues de lipides et de sucre, et des sauces dont on pourrait se servir abondamment sans craindre de grossir. Mieux encore, certains nous ont fait miroiter la possibilité de modifier à volonté le goût d’un aliment ! En clair, un concombre pourrait prendre le goût d’une tomate. Mais là n’est pas tout.

 

On évoque également des emballages appropriés à une longue conservation dans la mesure où ils absorbent les micro-organismes qui entraînent ordinairement le périssement de l’aliment. Les plus audacieux vont jusqu’à entrevoir la possibilité de mettre fin à la faim dans le monde.

 

Selon la firme allemande Helmut Kaiser Consultancy, le marché des nanofoods pourrait atteindre 20 milliards de dollars dès 2010, l’Amérique étant en tête du marché devant le Japon et la Chine. Cette même firme dénombre par centaines les sociétés alimentaires qui mènent des recherches dans le domaine. Le souci, indique un journaliste américain, Steve Boggan, c’est que la plupart des entreprises en question demeurent fort discrètes quant à de telles recherches en raison de l’opposition du public. De fait, lorsque l’on évoque des nano éléments logés dans les champs et capables d’optimiser les récoltes, comment ne pas trouver là un parallèle avec les OGMtant décriés en Europe ?

 

On nous affirme que les nanocides (cf. pesticide) seraient intelligents, qu’ils ne causeraient aucun mal aux insectes utiles comme l’abeille, qu’ils nécessiteraient un dosage bien moindre que les pesticides actuels, et qu’ils se dégraderaient plus aisément dans la nature. Pourtant la prudence est de mise. Comment ne pas demeurer sur sa réserve lorsque l’on apprend que parmi les sociétés qui développent des nanocides figurent, aux côté de BASF ou Syngenta des noms comme Monsanto ?

 

Par Daniel Ichbiah