mar
06
sep
2011
EFSA et exposition aux poisons, le nouveau danger
L’Agence européenne de sécurité alimentaire EFSA, propose de remplacer le système de test actuel des produits chimiques de notre alimentation par une « dose d'exposition tolérée fixe de 90 ug ». Cette nouvelle approche nommée SPT viendrait, selon les associations de défense de l’environnement, de l'industrie des pesticides. A l’heure actuelle ou chaque démarche doit être démontrée scientifiquement pour être approuvée, voici une proposition bien peu scientifique dans sa démarche et qui, à terme, serait dangereuse pour la santé de tous.
Le Comité scientifique de l'Efsa a lancé une consultation publique concernant un projet d'évaluation de la pertinence et de la fiabilité de l’approche SPT : Seuil de Préoccupation (?) Toxicologique (en anglais TTC pour Threshold of Toxicological Concern). Il s'agit d'un outil permettant d'évaluer l'exposition à de faibles concentrations en produits chimiques dans notre alimentation.
Ce nouveau « niveau seuil » devrait être calculé en excluant les produits chimiques les plus toxiques. Selon EFSA, un adulte pourrait donc manger en toute sécurité 90 microgrammes (µg) d'un produit chimique (n’ayons par peur des mots, de poison) tous les jours durant sa vie durant. Cela signifie que les effets toxiques se situeraient en dessous de ce niveau «sécuritaire» pour beaucoup de substances chimiques, d'après les données même de l'industrie. C'est le cas, par exemple, d'un pesticide : la dieldrine.
« Cette molécule a des effets toxiques à des niveaux 30 fois inférieurs au niveau calculé selon l'approche SPT. «Si la SPT était appliquée à la classe la plus dangereuse de produits chimiques, alors presque tous les pesticides seraient soudainement classés «sûrs» pour les humains et aucun test ne serait plus nécessaire » déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.
On reproche donc à cette démarche d'employer de très vieilles données de référence fixant ainsi un niveau extrêmement élevé d'exposition et ouvrant une voie royale à tous types de produits chimiques non testés vers les marchés. Encore plus incroyable, les nourrissons, beaucoup plus vulnérables, ne sont pas protégés par cette valeur. Comme à l’accoutumée, l'effet cocktail des produits n'est toujours pas pris en compte. «L'approche SPT est scientifiquement injustifiable, elle expose ainsi les adultes, les bébés et les enfants à un risque et sert uniquement à obtenir un accès illimité au marché pour les produits chimiques » complète le porte-parole de Générations Futures.
Toujours selon les associations de défense de l'environnement, les conclusions de la littérature scientifique indépendante ne sont pas prises en compte dans l'établissement de cette valeur. «On pourrait facilement abaisser le seuil extrêmement élevé de la SPT en prenant en compte des données scientifiques indépendantes de celles de l'industrie», complète le réseau européen d'action pesticide (PAN). Rappelons, que les données scientifiques indépendantes sont rarement prises en compte par le simple fait que celles-ci sont souvent contraires à la logique lobbyiste et aux données publiques transmises. En ce qui concerne les perturbateurs endocriniens, des doses de 10 jusqu'à 7.500 fois plus faibles que la valeur de la SPT ont ainsi été révélées toxiques dans des études indépendantes. «Cela signifie que permettre aux gens d'être exposés à ces produits chimiques au niveau de la valeur SPT va directement causer des effets indésirables importants chez ces personnes », puisque l'étude ne prend pas en compte le mode d'action particulier des perturbateurs endocriniens. Pour l'instant, l'Efsa ne propose l'utilisation de l'approche SPT que pour les impuretés chimiques et les métabolites. Mais elle souhaiterait étendre son application dans toutes les directions.
«Il est incroyable que l'EFSA, qui prétend être un Institut scientifique de haut niveau, soit sur le point d'adopter cette proposition dangereuse issue de l'industrie chimique et non fondée sur la science. La confiance aveugle de cette agence européenne pour l'industrie a également permis à des lobbyistes de l'industrie et d'autres promoteurs connus de la SPT d'intégrer le panel d'experts chargé d'examiner cette nouvelle approche. C'est inacceptable !» ajoute François Veillerette.
L'Efsa est régulièrement soupçonnée de conflits d'intérêts comme ceci l’a déjà été souligné dans la presse. C'est pourquoi de nombreuses voix s'élèvent pour demander une réforme de l'Agence lui garantissant plus d'indépendance et de transparence.
Sources JDLE Hervé Siredey
Hervé SIREDEY - P.S.N.
Praticien de Santé Naturopathe Iridologue
Naturopathy Iridology - Health practitioner
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