lun

03

oct

2011

Tranquillisants, somnifères, Alzheimer...

Une étude du magazine Sciences et avenir démontre que l'abus de tranquillisants et de somnifères sur plusieurs années augmenterait le risque de maladie d'Alzheimer.


D'après une étude française, la consommation chronique de benzodiazépines aurait un lien direct avec un développement de la maladie d'Alzheimer. Pour mémoire, la France détient le record du mondial concernant la consommation de tranquillisants et/ou de somnifères.

 

« Pas loin du tiers des plus de 65 ans consomment des benzodiazépines comme tranquillisants ou comme somnifères, c'est énorme, et le plus souvent de façon chronique » relève ainsi le professeur Bernard Bégaud, pharmaco-épidémiologiste à l’université de Bordeaux.

 

Il souligne : « on ne va pas attendre encore quinze ans de continuer à être les champions du monde de la consommation de psychotropes", avant de réagir. D'autant plus que ce n'est pas la première fois qu'une telle association entre la consommation au long cours des benzodiazépines et la maladie d'Alzheimer est identifiée. »

 

120 millions de boites vendues par an, en France !


Entre 16.000 et 31.000 cas d’Alzheimer pourraient être ainsi attribués à ce type de traitements dont voici quelques exemples : Valium (Roche), Témesta (Biodim), Xanax (Pfizer), Lexomil (Roche), Stilnox (Sanofi), Mogadon (Meda Pharma) ou encore Tranxène (Sanofi), écrit Sciences et avenir dans son numéro d’octobre qui rappelle en outre qu’environ 120 millions de boîtes sont vendues par an.

 

« Si en épidémiologie, il est difficile d'établir un lien direct de cause à effet, dès qu'il existe une suspicion, il paraît normal d'agir et d'essayer de limiter les nombreuses prescriptions inutiles», explique le Pr Bégaud. En effet, de nombreux abus dans les prescriptions sont à signaler avec une durée de traitement trop importante. Or, il s’agit bien des habitudes de consommations, directement mise en cause dans cette étude.

 

Action inconnu, limitation nécessaire !


L’étude a sélectionné parmi les sujets de plus de 65 ans, ceux qui ne présentaient aucun de ces symptômes. En comparant consommateurs et non-consommateurs de ces traitements, les chercheurs bordelais ont pu mettre en évidence le lien qui existe entre la prise chronique (de deux ans à plus de dix ans) de ces psychotropes et le risque d'Alzheimer.

 

Le mode d’action de ces molécules sur le cerveau demeure aujourd’hui un mystère ! Ce problème avait déjà été mentionné dans un rapport de l'Office parlementaire des politiques de santé sur les médicaments psychotropes en 2006. « Depuis, rien n’a été fait», déplore le spécialiste qui préconise la limitation de la durée d’utilisation de ces médicaments mais également «que chaque médecin devrait être prévenu des risques qu’il fait encourir en prescrivant des benzodiazépines au long cours ».


Une majoration du risque de 20 à 50% n’est pas à prendre à la légère, et le Pr Bégaud de rappeler « les effets cérébraux de ces derniers apparaissent seulement quelques années après le début du traitement ».

 

 

Noctran et Mépronizine (deux somnifères) seront retirés en octobre 2011 et janvier 2012 du marché français. L'Afssaps juge le risque d'effets indésirables ou de mésusage trop grave !