ven

07

oct

2011

Connaissez-vous le projet ITER ?

ITER, comprenez International Thermonuclear Experimental Reactor ou  réacteur thermonucléaire expérimental international) est un projet de réacteur nucléaire à fusion actuellement en construction à proximité de Cadarache (France). Ce projet est destiné à vérifier la « faisabilité scientifique et technique de la fusion nucléaire comme nouvelle source d’énergie».

 

 

 

I

TER qui devait, selon ses concepteurs, être achevé en 2019, soit trois ans de retard sur l'agenda initial, pourrait être à nouveau décalé en février 2020, les délais s'étant avérés trop optimistes. Le budget, initialement estimé à 10 milliards d'euros (50 % pour la construction et 50 % pour l'exploitation), va également subir une augmentation. En juin 2009, la BBC a affirmé que le coût du projet a doublé comparativement à l'estimation initiale, passant à 16 milliards de dollars, ce qui pourrait inciter les responsables du programme à diminuer de façon notable la taille du projet.

 

Le prototype ITER ne produira pas d'électricité, mais de la chaleur : il aura selon ses concepteurs une puissance thermique de 500 MW. Il est basé sur les technologies déjà utilisées dans les tokamaks (DIII-D, TFTR, JET, JT-60 et T-15) qui ne produisent pas non plus d'électricité. Mais ITER doit tester les technologies nécessaires à la fabrication du réacteur expérimental DEMO (d'une puissance prévisionnelle de 1 500 MW électrique), dont l'objectif sera de démontrer la faisabilité industrielle de la production d’électricité par la fusion nucléaire.

 

ITER : Les apprentis sorciers ont la folie des grandeurs

Le projet de réacteur expérimental ITER cumule toutes les tares de l’industrie nucléaire : un coût pharaonique, un rendement nul, une dangerosité élevée, une pollution considérable mais… pas mal d’argent public dans les poches du lobby !


Le fiasco de Superphénix n’a pas servi de leçon. Avec le projet d’International Thermonuclear Experimental Reactor (ITER), le nucléaire s’est trouvé une utopie de plus : la fusion. Elle repose sur la croyance que l’humanité peut créer un soleil artificiel « en boite » capable de fournir une énergie inépuisable. Une croyance qui coûtera au minimum 15 milliards d’euros, pour qu’ITER produise, pendant quelques minutes, 10 fois plus d’énergie qu’il n’en consomme.

 

Ce monstre est construit à Cadarache, dans la vallée de la Durance, la zone sismique la plus active du pays ! Pour faire accepter le projet (qui devait coûter à ses débuts 467 millions d’euros aux collectivités locales), les politiciens de droite et de gauche ont fait miroiter des retombées économiques et des créations d’emplois. Mais la plus grande partie du pactole finira dans les poches du nucléaire et des groupes du BTP tandis que la population supportera les nuisances et les risques : on a prévu de supprimer 180 hectares d’une forêt biologiquement très riche, de doubler également la ligne à haute tension qui alimente le centre de recherche, de créer une route de 100 kilomètres construite entre Berre et Cadarache …/…

pour faire passer 300 convois exceptionnels à travers des zones naturelles classées.

 

Cela se traduit par l’abattage d’arbres, la surélévation de pylônes électriques, la démolition et la reconstruction de ponts et de nombreux aménagements routiers.

Si par malheur ITER venait à entrer en service, il rejetterait en cas de problème du tritium radioactif dans l’environnement, contaminant l’eau, les sols et la chaîne alimentaire. Sans oublier la possibilité d’un Tchernobyl-Fukushima bis.

 

La fusion n’atteindra jamais le stade industriel, mais pour le secteur nucléaire c’est l’assurance que les financements publics continueront à affluer, consacrant la mainmise des nucléocrates sur la politique énergétique de la France. Avec l’EPR et ITER, il ne reste plus que des clopinettes pour les énergies renouvelables. Le nucléaire est une énergie du passé qui pourrait compromettre notre avenir.

 

Il y a quelques années déjà, trois prix Nobel de Physique, dont
deux Français, ont atomisé ITER :


Pierre Gilles de Gennes


Georges Charpak


Masatoshi Koshiba

 

Le cri d'alarme des prix Nobel

 

-          Extraits : Pierre Gilles de Gennes

Je trouve que l'on consacre beaucoup trop d'argent à des actions qui n'en valent pas la peine. Exemple, la fusion nucléaire. Les gouvernements européens, de même que Bruxelles, se sont rués sur le réacteur expérimental Iter [NDLR : il sera implanté dans le sud de la France, à Cadarache] sans avoir mené aucune réflexion sérieuse sur l'impact possible de ce gigantesque projet.


Quoique grand défenseur des grosses machines communautaires il y a trente ans, et ancien ingénieur du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), je n'y crois malheureusement plus, même si j'ai connu les débuts enthousiastes de la fusion dans les années 1960.


Pourquoi ? Un réacteur de fusion, c'est à la fois Superphénix et La Hague au même endroit. Si, avec Superphénix [NDLR : un prototype de surgénérateur, dont l'arrêt a été décidé en 1997], on a réussi à gérer un réacteur à neutrons rapides, ce serait difficile à reproduire sur 100 réacteurs en France - ce qu'exigeraient les besoins électriques nationaux -, car ces installations réclament les meilleurs techniciens pour obtenir un résultat très raffiné dans des conditions de sécurité optimales. Et ce serait littéralement impossible dans le tiers monde.


Sans compter qu'il faudrait reconstruire une usine du type de La Hague autour de chaque réacteur pour pouvoir traiter sur site les matières fissibles extrêmement chaudes, qu'on n'a pas le droit de transporter par voie routière ou ferroviaire. Vous vous rendez compte de l'ampleur d'un tel projet !


Avez-vous d'autres réticences vis-à-vis du réacteur expérimental Iter ?


Oui. L'une repose sur le fait qu'avant de construire un réacteur chimique de 5 tonnes, on doit avoir entièrement compris le fonctionnement d'un réacteur de 500 litres et avoir évalué tous les risques qu'il recèle. Or ce n'est absolument pas comme cela que l'on procède avec le réacteur expérimental Iter. Pourtant, on n'est pas capable d'expliquer totalement l'instabilité des plasmas ni les fuites thermiques des systèmes actuels. On se lance donc dans quelque chose qui, du point de vue d'un ingénieur en génie chimique, est une hérésie.


Et puis, j'aurais une dernière objection. Connaissant assez bien les métaux supraconducteurs, je sais qu'ils sont extraordinairement fragiles. Alors, croire que des bobinages supraconducteurs servant à confiner le plasma, soumis à des flux de neutrons rapides comparables à une bombe H, auront la capacité de résister pendant toute la durée de vie d'un tel réacteur (dix à vingt ans), me paraît fou. Le projet Iter a été soutenu par Bruxelles pour des raisons d'image politique, et je trouve que c'est une faute.


-          Prix Nobel Japonais de physique, le professeur Masatoshi Koshiba


Il remet en cause le bien-fondé du projet de Réacteur thermonucléaire expérimental international (Iter), accusant ses promoteurs de vouloir faire prendre des vessies pour des lanternes.

Citant un proverbe chinois - "Tête de mouton, mais viande de chien" -, le Pr Koshiba, 77 ans, spécialiste de physique fondamentale, reproche aux partisans d'Iter de présenter le projet comme "la source d'énergie de la prochaine génération", ce qu'il n'est pas, selon lui. Ambitionnant de produire une énergie propre et sûre en recréant sur Terre les mécanismes à l’œuvre au cœur des étoiles, le projet Iter devrait entrer dans sa phase opérationnelle en 2014 et être exploité pendant 20 ans, avec un budget estimé à quelque dix milliards d'euros.


Le prix Nobel de physique 2002 estime qu'Iter ne remplit pas "un certain nombre de conditions, à savoir la sûreté et les coûts économiques", pour s'affirmer comme une prochaine source d'énergie quasi inépuisable. En effet, "dans Iter, la réaction de fusion produit des neutrons de grande énergie, de 14 MeV (mégaélectronvolts)", niveau jamais atteint encore, explique M. Koshiba, qui est âgé de 77 ans. "Si les scientifiques ont déjà fait l'expérience de la manipulation de neutrons de faible énergie, ces neutrons de 14 MeV sont tout à fait nouveaux et personne à l'heure actuelle ne sait comment les manipuler", avertit le professeur honoraire de l'Université de Tokyo.


Actuellement, souligne-t-il, la fission nucléaire libère des neutrons d'une énergie moyenne d'un ou deux MeV seulement. Pour M. Koshiba, les scientifiques doivent d'abord résoudre ce problème des neutrons de 14 MeV "en construisant des murs ou des absorbeurs" avant de pouvoir affirmer qu'il s'agit d'une énergie nouvelle et durable. C'est, affirme-t-il, une solution très coûteuse. "S'ils doivent remplacer les absorbeurs tous les six mois, cela entraînera un arrêt des opérations qui se traduira en un surcoût de l'énergie", critique le physicien. "Ce projet n'est plus aux mains des scientifiques, mais dans celles des hommes politiques et des hommes d'affaires. Les scientifiques ne peuvent plus rien changer", déplore-t-il avant d'ajouter : "j'ai peur".


L'Union européenne, la Russie, la Chine, les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon participent au projet Iter (International Thermonuclear Experimental Reactor). Deux sites sont en vive concurrence pour accueillir l'installation : Cadarache, dans le sud-est de la France, et Rokkasho-Mura, dans le nord du Japon. L'Union européenne, Moscou et Pékin soutiennent la candidature française tandis que Washington et, apparemment, Séoul, lui préfèrent le site nippon. Réunis une première fois à Washington le 20 décembre, les six partenaires n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur le choix du site.


"Je souhaite que le gouvernement français ait l'honneur d'accepter Iter dans son propre pays", ironise M. Koshiba. "Les scientifiques français sauront peut-être mieux gérer ces neutrons de 14 MeV. Après tout, le France est déjà activement impliquée dans le traitement des matériaux radioactifs dans ses centrales nucléaires". "Je pense, conclut-il, que, certainement, les scientifiques et les ingénieurs français ont plus de connaissances et d'expérience que ceux des autres pays pour s'attaquer à ce nouveau problème de neutrons 14 MeV", conclut-il.


ITER : le tritium tue !


Mardi 17 mai 2011, lors de la visite de la délégation des députés européens à Aix-en-Provence et sur le site du futur projet ITER, le Collectif Antinucléaire 13 est intervenu devant les représentants pour décrire les dangers que représente le « carburant » d’ITER et mettre les députés devant leurs responsabilités.

 

A ce jour il ne fait aucun doute que l’Europe donnera son accord pour la rallonge de 1,3 milliards d’euros sur le budget 2012-2013 afin de financer en partie le surcoût du projet ITER (qui a triplé depuis sa première estimation).

 

Certains députés EELV parlent aujourd’hui de « moratoire », une façon de ne pas prendre de décisions, alors le Collectif Antinucléaire 13 a dénoncé devant la délégation les risques inacceptables que le tritium, principal élément radioactif utilisé et produit par ITER, fera courir aux populations et aux travailleurs.

 

Le stock global de tritium à l’état naturel sur la planète est de l’ordre de 3,6 kilos.

Le stock restant dû aux essais nucléaires militaires est de l’ordre de 30 kilos.

Le tritium est donc un élément extrêmement rare. ITER en utilisera 2 kilos. La dose mortelle de ce radio-élément est de 1mg. Deux kilos de tritium peuvent ainsi tuer 2 millions de personne ou servir à la fabrication de centaines de bombes H.

 

Les INB (Installations Nucléaires de Base) rejettent régulièrement du tritium. Il en sera de même pour ITER et ces rejets viendront se cumuler à ceux du centre du CEA. Mais le véritable scénario-catastrophe serait le rejet massif de tritium dans l’environnement en cas de violent séisme par exemple. Le bâtiment pourrait se disloquer, se fissurer et le centre voisin du CEA , qui contient des éléments d’une toxicité et d’une dangerosité extrêmes comme le plutonium, connaître de graves déboires.

 

Le tritium a la particularité de pénétrer dans le corps humain sans obstacles. Il se fixe dans les molécules organiques du corps où il peut irradier pendant 500 jours en causant des dommages irréparables sur l’ADN. Il peut être ingéré, inhalé ou absorbé par la peau. Il est cancérigène et les études concernant son impact réel sont largement insuffisantes. L’IRSN a publié en 2010 six rapports sur le tritium qui concluent que l’acquisition des connaissances sur les mesures, le comportement et les risques sanitaires de cet élément « supposera la mise en œuvre de programmes expérimentaux complexes et coûteux, sans doute à mener avec plusieurs pays ». Qui va payer pour ces études ? Qui prendra en charge les coûts sanitaires sur la population et les travailleurs ? Combien de temps servirons-nous de cobayes ?

 

De plus, le tritium pose un problème quasiment insoluble. De part sa mobilité (pratiquement aucune paroi ne peut l’arrêter), il n’existe à ce jour aucun moyen pour « l’isoler ». La solution adoptée est donc de le diluer et de le disperser comme à La Hague. Aucun processus de « détritiation » n’est aujourd’hui connu.

 

Il n’existe pas non plus de filière spécifique de stockage définitif des déchets tritiés. La seule possibilité actuellement est celle d’un stockage « sur place ». Combien de temps et dans quelles conditions le tritium consommé et produit par ITER sera-t-il stocké sur place ? Qui va payer pour un démantèlement dont personne ne peut garantir la faisabilité ?

 

Fusion ou fission, les dégâts de la manipulation de radio-éléments dangereux et toxiques, mettent en péril la vie. Fukushima doit inciter à beaucoup d’humilité et de mesure. Les députés européens sont responsables, par leur engagement à la prolongation du projet ITER, des catastrophes et dégâts sanitaires possibles. En tout cas, ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. – Info HNS


Moratoire sur le projet


Laurence Vichnievsky, conseillère régionale Europe Ecologie (EELV) de Paca a appelé cet été, au nom de son parti, à la tenue "d'un moratoire sur le projet" du réacteur expérimental international à fusion nucléaire Iter qui a fait l'objet d'une enquête publique jusqu'au 4 août.


"L'enquête publique sur l'installation d'Iter est l'une des plus importantes jamais menées en France, compte tenu de la taille de l'opération et de son caractère international" et "elle n'est consultable que dans les 12 communes avoisinant le site du projet" prévu à Cadarache (Bouches-du-Rhône), a regretté l'élue dans un communiqué.


"EELV s'étonne que cette enquête se déroule en plein été et que les citoyens ne puissent donner leur avis que sur la base d'un document de 3.500 pages", écrit-elle encore.


Considérant que cette enquête "concerne toute l'humanité", le parti écologiste demande "au minimum un moratoire sur le projet, compte-tenu des nombreux aléas techniques et financiers qui pèsent sur ce dossier". "Iter ne répond pas à la crise énergétique que nous commençons à subir", a estimé Mme Vichnievsky, jugeant que cette "expérimentation pharaonique" "n'apporterait, dans le meilleur des cas, que des réponses sur le très long terme, vers le milieu du 21e siècle" et "grève les budgets de la recherche".


"Est-il normal de soumettre à enquête publique un projet, alors que l'expertise post-Fukushima ne peut que réévaluer, d'ici quelques mois, les normes de sécurité, avec les conséquences financières qui en résulteront, s'est-elle encore interrogée.


Projet étalé sur 35 ans, Iter vise à faire de la fusion thermonucléaire une solution de rechange à la fission de noyaux d'atomes lourds des centrales nucléaires actuelles, source de déchets radioactifs pendant des milliers d'années. Iter a vu son coût tripler à quelque 15 milliards d'euros. L'UE doit fournir environ 45% du budget, le reste se partageant entre la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie et les Etats-Unis.

L'incertitude demeure sur le maintien de la participation du Japon, dont l'économie a été durement touchée par les catastrophes naturelles du 11 mars et le désastre nucléaire de Fukushima.
A Cadarache, le chantier a débuté en août 2010. Les premiers éléments d'assemblage doivent arriver début 2012, pour obtention d'un premier plasma fin 2019. – Info AFP

 

Pétition : ITER, enquête publique :

c'est le moment de dire NON !

 

Voici les propos du.Prix Nobel de physique japonais Masatoshi Koshiba : « ITER est extrêmement dangereux du point de vue de la sûreté et de la contamination environnementale.(...) Le tritium est hautement toxique avec une dose mortelle de 1mg ». Les 2 kg de tritium présents dans ITER « pourraient tuer 2 millions de personnes.(...) Le flux radioactif de 2kg de tritium est à peu près du même niveau que celui produit par l'accident de Tchernobyl ». Aujourd'hui dans les documents d'ITER organization, on peut lire que 4 kg de tritium, combustible d'ITER, seront présents en permanence sur le site.

 

Je signe

http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/iter-enquete-publique-moment-dire-337.html