Graisses, Oméga-3 et santé...faire le point !

A la question "Que pensez-vous des graisses ?", la grande majorité des personnes vous rétorqueront qu'elles sont synonymes de problèmes de santé, notamment au niveau cardio-vasculaire. Le message des médias nous indique qu’il est important de manger moins gras afin d’optimiser notre santé, ce qui est louable en soi. Seulement, il y a graisses et graisses (acides gras trans ou essentiels) ! Le message n’est pas toujours clair, parfois même assez flou, surtout lorsqu’on nous annonce que les Oméga-3 n’ont pas d’intérêt sur le système cognitif voire même qu’ils seraient dangereux pour la prostate lorsque l’on mange trop de poisson !


Régulièrement, de nouvelles études (souvent tronquées ou remaniées) viennent contredire les précédentes et sèment le doute dans l’esprit du consommateur, tout particulièrement sur le sujet de la consommation de compléments alimentaires, de plus en plus mis en avant pour leurs soi disant « risques » !

 

Oméga-3 et prostate...

 

Les acides gras Oméga-3 issus du poisson ont souvent fait l’objet de publications sérieuses signalant leurs bienfaits sur la santé, y compris dans la protection contre le cancer de la prostate. Mais depuis quelques années, les chercheurs ont trouvé un lien entre des niveaux élevés d’Oméga-3 dans le sang et le cancer de la prostate. A ce sujet,  détaillons quelques points concernant l’étude S.E.L.E.C.T. qui portait principalement (soulignons le) sur l'utilisation de la Vitamine E et du Sélénium dans le cadre de la prévention du cancer de la prostate :

 

Primo, l’étude S.E.L.E.C.T. n’a semble-t-il pas été réalisée en double aveugle et ne portait pas uniquement sur les Oméga-3.

 

Secundo, il s’agissait d’une réanalyse portant sur le sélénium et la vitamine E dans la protection contre le cancer de la prostate. En effet, selon les résultats, ce dernier serait augmenté de 17% par une supplémentation de 400UI de DL-Alpha-Tocophérol, une forme dérivée de vitamine E. Ceci peut effectivement entrainer un effet pro-oxydant  pouvant affecter indirectement le système immunitaire. Idem pour ce qui est du sélénium, le choix de la forme choisie (aux effets anti-cancer très modestes) n'étant, là non plus, pas très pertinent. Par ailleurs, l’étude ne semble pas avoir pris en compte le fait que certains participants étaient sous traitements, consommaient de l’alcool ou fumaient. Enfin, un fait important aurait été occulté, celui de l’hérédité directe !

 

Tertio, cette étude à été menée pour confirmer d’autres recherches indiquant que les Oméga-3 sont associés à des risques plus élevés de cancer de la prostate et que les Oméga-6 sont associés à une amélioration. Cependant, ces derniers ont une présence trop importante dans notre alimentation et déséquilibrent les effets bénéfiques des Oméga-3 (soutenus par la science). Nous avons aussi pour preuves le mode de vie et l'alimentation des Esquimaux, des Japonais ou des Inuits qui enregistrent un faible taux de cancer de la prostate. Par ailleurs, une étude de la Harvard School of Public Health a démontré en 2003, que la consommation de poisson, trois fois par semaine, était associée à un risque moindre du cancer de la prostate. Une étude parue dans The Lancet datant de 2001 et portant sur plus de 6000 hommes démontre que les participants n’ayant pas mangé de poisson étaient de deux à trois fois plus à risques. Enfin, une étude parue en 2010 dans l’AJCN (American Journal of Clinical Nutrition) a révélé une réduction de 63% de mortalité par cancer de la prostate sans noter toutefois d’incidence sur l’effet protecteur contre le cancer.

 

Vous devez savoir que votre corps à besoin d’oméga-3 pour la stabilité de votre tension, la circulation et le fonctionnement artériel, la santé des yeux et le fonctionnement cognitif. Voilà pourquoi ils portent le nom d’acide gras essentiels, tout simplement parce votre corps ne les fabrique pas et qu’ils doivent donc provenir de votre alimentation. Poissons gras sauvages, légumes feuilles, huiles de qualité et oléagineux seront des éléments de premier choix. Il sera donc préférable d’utiliser des sources naturelles ou une supplémentation à base de certaines algues ou huiles de poisson riches en EPA et surtout en DHA qui est la meilleure forme pour redonner toute son importance à cette citation Latine : Mens sana in corpore sano... un esprit sain dans un corps sain.

 

Oméga-3 et déclin cognitif...

 

Selon une publication récente (JAMA), les Oméga-3 n'auraient pas d'effet sur le déclin cognitif ! En résumé, jetez donc vos supplémentations, elles ne vous serviront à rien ! Une fois de plus, en détaillant l'étude, on s'aperçoit que la aussi, il s'agit d'une ré-analyse concernant une étude sur la dégénérescence maculaire (DMLA) incluant des doses peu élevées d’Oméga-3 (1000 mg), en tout cas largement inférieures aux doses habituellement utilisées dans les études précédentes (3000 à 5000 mg), aux effets très significatifs.

 

La publication en question est donc dérivée d'une étude concernant la DMLA pour être transposée sur les effets des Omégas-3 par rapport au déclin cognitif. Il faut donc souligner que cette transposition n'intègre pas forcément les nutriments nécessaires un bon fonctionnement du cerveau et qu'une fois de plus les médias distillent une information tronquée et jettent un trouble dans l'opinion publique concernant l'utilisation de supplémentations.

 

Les amandes et la santé...

 

Un creux ? Grignotez quelques amandes plutôt qu'un produit sucré ! En effet les amandes offrent des capacités nutritionnelles extraordinaires (vitamines, minéraux, phytostérols...), de plus, selon plusieurs études, elles aident à réduire le taux de mauvais cholestérol (LDL) et diminuent les risques de diabète de type 2. Par ailleurs, les lipides contenus dans l'amande sont des acides gras mono-insaturés (Oméga 9) permettant une diminution des risques cardio-vasculaires. Les amandes contiennent également des Oméga-3 (0.27g /100gr). Toujours dans le sens de la réduction du taux de cholestérol, la diète Portfolio préconise de combiner 4 éléments : les fibres solubles, les protéines de soja, les phytostérols et les amandes.