Hypnose : Pourquoi, Pour quoi ou Comment ?

Lorsque les personnes viennent me consulter, elles veulent souvent savoir POURQUOI !

 

"J'aimerais bien savoir Pourquoi"

 

"Pourquoi" est un adverbe interrogatif qui nous ramène à "Pour quelle raison" donc à  l'origine, à la cause. "Pour quoi" demande "le but", "l'objectif" et ceci devient une évidence, une priorité sans détour dans certains cas. Les avis seront certainement partagés sur la question mais c'est une réflexion très personnelle que je vous offre aujourd'hui.

 

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Il est certain que le "Pourquoi" est parfois bien utile dans certains cas et selon la technique utilisée. En Naturopathie par exemple, la quête du Graal reste toujours de trouver l'origine, la cause d'un problème, il s'agit d'ailleurs d'un de ses fondements. Mais reprenons le cas d’une personne qui vient consulter en Hypnose. Cette personne a rencontré un événement quelconque mais violent durant son enfance et ceci la hante aujourd’hui encore.  30 ans plus tard, la personne en est toujours à se demander "Pourquoi" on m'a fait ça... sans pour autant trouver de solution à son problème !

 

Personnellement, dans ce cas, je trouve que le but est beaucoup plus important que la cause. Je m'explique : nous nous trouvons alors dans le Pour quoi c'est à dire "pour faire quelque chose" et "Comment" atteindre ce but, cet objectif. Effectivement, toute thérapie est généralement mise en place pour atteindre un objectif, heureusement, et je dirais qu'il peut exister autant d'Hypnose qu'il existe d'hypnothérapeutes pour atteindre l'objectif. Seulement, en Hypnose est-il vraiment utile d'inviter voir d’inciter (ça arrive) une personne à retourner dans un passé obscur ? Je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'il est possible de ramener la personne vers un souvenir de l'évènement, dans un espace sécurisé et apaisant, de la mettre en position de spectatrice et même plus. Les émotions difficiles seront alors abordées de façon plus sereine. Cependant, il est pourtant possible aujourd'hui d'obtenir un résultat identique sans pour autant passer par la case souvenir, rapidement et de manière totalement écologique pour la personne.

 

J’ai eu le cas récemment d’une dame a qui on a obligé l’ouverture d’une porte qu’elle refusait d’ouvrir...bad trip... le résultat à été immédiat et je vous passe les détails !

 

Mais revenons à notre sujet initial et prenons un exemple : admettons que vous soyez dans votre voiture : tout à coup, sur une petite route, un bruit suspect survient, il s’accompagne immédiatement d'une inquiétude et soudain... c'est la panne ! Bien sûr, vous n’y connaissez rien en mécanique et l’endroit est plutôt désert ! A ce moment là, allez-vous vous poser la question :

 

* Mince, pourquoi suis-je tombé en panne ?... ou

 

* Comment vais-je faire pour me sortir de cette galère et reprendre ma route rapidement ?

 

Pour moi, il s’agit d’une évidence : comment faire et comment reprendre ma route sereinement et rapidement, non ? Parfois, le Pourquoi devient secondaire voire inutile.

 

Souvent les personnes débarquent dans les cabinets et durant 30 mn vident leur sac avant la séance proprement dite. Effectivement, on a l'impression d'aller mieux mais si le seuil de tolérance du thérapeute n’est pas limité, ce ne sera bon, ni pour le consultant (surtout avant une séance) ni pour le thérapeute. 

 

Pour une personne trimbalant un lourd baguage, il arrive souvent, qu'elle traine des pieds pour venir en séance car il survient une trouille bleue ! Cette trouille bleue c'est que le thérapeute questionne sur un passé difficile et embarrassant voire qu’il ramène la personne à une période douloureuse durant la séance. De plus, si c'est une première séance, cela s'ajoute bien souvent à l'appréhension de l'Hypnose que les gens ne connaissent souvent qu'à travers ce qu'ils ont vu à la télé.

 

Ainsi, on se retrouve avec des gens embarrassés qui commencent comme on dit "à prendre un sérieux coup de chaud". La peur bloquera nette la séance et une mise en confiance n'est parfois pas suffisante pour surpasser la trouille bleue de la personne, surtout si elle ne vous connait pas. Effectivement, il est aussi possible de contourner et de recontourner encore mais ceci représente pour moi (et pour la personne j'imagine) une perte de temps.

 

Mon avis sur la question est aujourd’hui tranché mais il n'y a aucun jugement vis à vis d'autres façons de faire. Je pense qu'il est inutile de ressasser le passé et de ramener une personne vers une période douloureuse même spectatrice, sauf bien sûr, si celle-ci en fait la demande expresse. Nous nous devons de respecter la recherche de la personne grâce à notre capacité d'adaptation. Sinon, c’est bien simple, dès que le problème dépasse un certain degré de mal être, je stoppe toute allusion au problème en question et je travaille d'une façon très indirecte avec l'accord de la personne qui me consulte !

 

C'est ainsi une excellente manière de mettre cette personne dans une bulle de confiance et de sécurité quasi immédiate puisque rien ne sera évoqué mais aussi une manière efficace d'en terminer avec les démons du passé. Il existe des moyens à appliquer en thérapie pour le plus grand bien de chacun d'entre nous, il serait dommage de ne pas les utiliser.